Notre histoire

Le Fonds MATCH international pour la femme

Centre MATCH International

En 1976, deux Canadiennes, Norma E. Walmsley et Suzanne Johnson-Harvor, ont eu l’idée révolutionnaire de faire des droits des femmes la pierre angulaire d’un développement harmonieux dans les pays du Sud. Au retour de la première Conférence mondiale sur les femmes des Nations Unies tenue à Mexico, elles ont mis sur pied un organisme — connu à l’époque sous la dénomination de Centre MATCH International — pour faire correspondre les besoins et les ressources des femmes du Canada avec les besoins et les ressources des femmes dans le monde entier.

Les organismes et les mouvements de femmes constituent depuis longtemps le fer de lance du changement social. Grâce au soutien de fidèles sympathisants de partout au pays, MATCH International a soutenu ces précurseurs qui, par leurs initiatives créatives, ont transformé les pratiques agricoles et l’alimentation infantile, et lancé des campagnes contre la violence. En collaboration avec plus de 650 organismes de femmes dans 71 pays, MATCH a investi près de 12 millions de dollars pour soutenir les femmes et les filles.

Le Fonds MATCH international pour la femme

En octobre 2013, le Centre MATCH International s’est établi comme fonds pour les femmes et a lancé son premier appel à propositions international. Connu sous le nom de Fonds MATCH International pour la femme, ce nouveau fonds pour les femmes était déterminé, audacieux et prospère grâce à un groupe de donateurs petit, mais croissant, qui a reconnu son potentiel. L’organisme a financé le travail qui devait être accompli sur le terrain, appuyant des innovations qui favorisaient le maintien et l’avancement des droits des femmes : les travaux des premiers cinéastes LGBT en Géorgie, des cours de boxe pour les filles dans les bidonvilles du Kenya, la transformation du recyclage en art par des entrepreneures en Inde.

Ardemment désireux de gagner de nouveaux appuis et de constituer un solide mouvement de soutien aux organismes de femmes dans le monde, le Fonds MATCH a collaboré avec des sociétés partenaires pour concevoir des idées choc visant à accroître la sensibilisation. Un autobus rose vif ayant à son bord des mannequins menottées (article en anglais) a circulé dans les rues de Toronto. Des acteurs ont « mis en état d’arrestation » des Canadiennes qui se rendaient au travail pour le « crime » de porter un pantalon ou d’être sorties sans la permission d’un homme (des comportements qui peuvent entraîner l’incarcération des femmes dans certains pays). Le questionnaire du Fonds MATCH sur les droits des femmes proposé en ligne (en anglais) s’est propagé de manière phénoménale du jour au lendemain.

Les gens sont devenus plus attentifs. Le Fonds MATCH s’est retrouvé sous les feux de la rampe entouré de défenseurs, de philanthropes et de conteurs, comme Women Moving Millions et le directeur artistique de Sesame Street, en vue de parler davantage de ses stratégies de sensibilisation aux droits des femmes. Le budget annuel du Fonds MATCH s’est doublé chaque année pendant plusieurs années consécutives. De grands journaux comme The Toronto Star et The Globe and Mail ont commencé à diffuser la voix de l’organisme et, plus important encore, a communiqué que durant ses cinq premières années en tant que fonds pour les femmes, le Fonds MATCH a octroyé 75 subventions à 32 partenaires dans 26 pays.

Mais cela n’était pas suffisant pour le Fonds MATCH. Les organismes de défense des droits des femmes de par le monde continuaient d’accomplir une grande part du travail avec des ressources infimes. Le Canada ne fournissait encore qu’une fraction de son aide internationale aux femmes et aux filles directement dans leurs collectivités. De tout temps, moins de 8 % des subventions philanthropiques se rendaient hors des frontières du Canada.

L’équipe du Fonds MATCH savait qu’elle devait fondamentalement rediriger l’argent et transformer le pouvoir pour augmenter substantiellement les ressources totales à disposition pour les femmes et les filles dans le monde entier.

Fonds Égalité

En mai 2018, Marie-Claude Bibeau, la ministre du Développement international alors en poste, a annoncé à Ottawa l’intention du gouvernement du Canada d’investir jusqu’à 300 millions de dollars dans une nouvelle initiative qui offrirait du financement durable aux mouvements de femmes à l’échelle mondiale.

Le Fonds MATCH et un nombre croissant de partenaires ont commencé à rêver de ce qu’ils pourraient concevoir avec des possibilités illimitées. Ils ont eu une autre idée ambitieuse : pourquoi ne pas mettre sur pied un mécanisme qui ferait travailler l’argent pour les femmes, du moment où il a été dépensé à la façon dont il a été investi? Les membres d’un collectif réuni par le Fonds MATCH se sont concertés pour répondre à l’appel à propositions du gouvernement et pour exploiter le pouvoir de l’investissement, de la philanthropie et de l’octroi de subventions dans le but de construire un monde équitable.

En juin 2019, à la veille de la conférence de Women Deliver tenue à Vancouver, ce collectif — le Fonds Égalité — a reçu 300 millions de dollars du gouvernement du Canada pour concrétiser son projet.

Jess Houssian de Women Moving Millions s’est jointe à Jess Tomlin à titre de co-PDG du Fonds Égalité, et le collectif d’experts en matière de philanthropie, finance et féminisme a été réuni officiellement pour gérer le plus important investissement jamais effectué par un pays en faveur des femmes dans le monde.

Le Fonds Égalité a été constitué de façon presque similaire à la relance du Centre MATCH International 10 ans plus tôt, alliant de solides partenariats, des fonds substantiels et une vision audacieuse d’un avenir meilleur pour les femmes. Au cours des prochaines décennies, nous serons en mesure de construire le monde auquel nous aspirons grâce à la vision et la ténacité de nos précurseurs.